LIBERTÉ 302

Barque en bois, pyrogravée. Liste de dates, nombres et lieux correspondant aux migrants morts en mer entre 2014 et 2000.  


«Comme reflet de la société, le Monument dans le sens
double est problématique, puisqu’il ne rappelle pas
seulement à la société le passé, mais en plus sa propre
réaction à ce passé».
Jochen Gertz.

Liberté 302 est un travail commencé en 2014 sur les naufrages en méditerranée et qui tend à redonner une place aux morts anonymes sous formes d’un mémorial, tout en interpellant le regardeur sur sa position face à ces drames. Ce mémorial n’est  pas figé et évolue au rythme macabre des naufrages. Les dates s’échappent de la barque et progressent sur le sol et les murs.

"Depuis la nuit des temps, la représentation est envisagée comme un rituel permettant d’exercer une influence sur l’objet figuré. C’est une hypothèse émise à propos des peintures pariétales préhistoriques et l’ethnologie en a validé la pertinence. La possibilité d’entretenir la mémoire des disparus passe aussi par leur représentation. C’est à partager un rituel de cet ordre que nous invite Gwenola Saillard-Calvez. 

Le dispositif qu’elle met en place, renonçant aux arguments, aux commentaires et même à toutes tentatives d’explication ou de dénonciation est sans effet sur la réalité des faits qu’elle évoque et elle le sait. Elle essaie de trouver un chemin à l’écart de la profusion des discours, des pistes brouillées du pathos et de la morale, de la sensation médiatique pour déplacer en nous un centre de gravité, bousculer l’équilibre du confort et provoquer un écart en souhaitant que, s’ajoutant aux autres, il soit susceptible de provoquer un mouvement d’ensemble."

Yvain Bonibus, Directeur artistique, festival Arts à la Pointe 2016.

Copyright ©. Tous droits réservés.